La gare de Hansbeke.
Auteur: Yanes Bunnens.
Hansbeke : un bâtiment de gare plutôt atypique.
Comme toutes les gares dotées d'un bâtiment au cours de la période 1854-1856, les débuts de la gare de Hansbeke sont entourés de mystère, en effet parmi la liste des bâtiments de gare adjugés au cours de cette période, plusieurs doivent être ré-adjugés en 1860-1861 ce qui laisse supposer que leur construction n'aurait pas toujours été menée à terme.
Celui de Hansbeke semble bien été réalisé en 1856 et son bâtiment de gare, possiblement unique en Belgique, est un mélange de tous les styles associés à la "première période expérimentale".
Le rez-de-chaussée possède des fenêtres au sommet cintré, qui se retrouvent sur une série de bâtiments de gare construits au cours de cette période de transition (parmi lesquels Erembodegem, Londerzeel, Havinnes ou encore la gare de Drongen/Tronchiennes non loin de là), des éléments rattachés à l'architecture néoclassique.
La décoration de l'étage est davantage fonctionnelle mais le toit se singularise par sa forte pente et par une frise à motifs en escalier, la rangée de cheminées est également un élément inhabituel.
Deux autres gares auraient été mises en adjudication simultanément fin 1853 : Jabbeke et Gingelom mais aucune photo ne représente le bâtiment de gare de Jabbeke avant son remplacement par un nouveau tandis que Gingelom fait partie des adjudications "douteuses" car sa construction est à nouveau adjugée en 1860 ... à noter que les photos de ce dernier montrent aussi un toit à forte pente.
Même s'il reste un doute sur sa date de construction, son aspect d'origine et sur l'existence d'éventuels "jumeaux", la fin de l'histoire est moins ambigüe : lorsque les Allemands doivent céder du terrain au cours de l'automne 1918, l'armée en retraite détruit par le feu ou l'explosif de nombreux bâtiments publics et ouvrages d'infrastructure les bâtiments des gares de Hansbeke et Drongen feront partie de ceux complètement détruits.
Dans les deux cas, un élégant bâtiment type "Reconstruction" avec un logis pour le chef de station intégré à la gare sera réalisé au début des années 1920, la mise à quatre voies de la ligne Gent-Brugge ne laisse hélas pas de chance à ces constructions typiques qui seront démolies dans les années 2000 et 2010.
Hansbeke est-elle le chaînon manquant entre les bâtiments néoclassiques produits en série et ceux à pignons à redents ?
Ou simplement un plan resté sans lendemain ?
Les chemins de fer belges des années 1850-1860 ont encore leur lot de mystères.
P.S. en parlant de mystères, plusieurs gares de cette époque mentionnées par des sources officielles ont été démolies au profit de nouvelles constructions avant d'avoir été photographiées parmi lesquelles Jabbeke (±1855, aspect inconnu), Luttre (±1855, deux bâtiments séparés disposés dans la pointe des L117 et L124), Oudegem (1860, pourrait ressembler à celui de Havinnes), Maffle (1860, qui serait du type standard "pignons à redents" avec 4 fenêtres) ou encore Bois-du-Luc (1860, type "pignons à redents" à 3 fenêtres, peut-être avec un toit comme Obourg, pourrait être resté debout un temps à côté de celle de 1887).
Une photographie inédite, ou un cliché montrant cet édifice en arrière-plan fera peut-être surface dans les années à venir !.